
Lorsque le squelette est à l'extérieur, il forme une carrosserie protectrice. La chair est à l'abris des dangers extérieurs mais elle devient flasque et liquide. Et lorsque une pointe arrive à passer malgré toute la carapace, les dégâts sont irrémédiables.
Lorsque le squelette ne forme qu'une barre mince et rigide à l'intérieur de la masse, la chair palpitante est exposée à toutes les aggressions. Les blessures sont multiples et permanentes. Mais, justement, cette faiblesse apparente force le muscle à durcir et la fibre à résister. La chair évolue.
J'ai vu des humains qui avaient forgé grâce à leur esprit des "carapaces intellectuelles" les protégeant des contrariétés. Ils semblaient plus solide que la moyenne. Ils disaient: "je m'en fou" et riaient de tout. Mais lorsqu'une contrariété arrivait à passer leur carapace, les dégâts étaient terribles.
J'ai vu des humains souffrir de la moindre contrariété, du moindre effleurement, mais leur esprit ne se fermait pas pour autant, ils restaient sensibles à tout et apprenaient de chaque agression.
Edmond Wells
Encyclopédie du savoir relatif et absolu

